Conception et direction artistique:Jose Guillen "Pepe de Nieves"
Chanteurs:
Mariano Zamora et Blas Deleria
Danseurs:Laura Clemente, Laeticia Perez, Marie-Carmen Fernandez et Lorenzo Ruiz
Guitaristes:Jose Luis Navarro et David Tobena

"La véritable tradition n'est pas le témoignage révélé d'un passé glorieux, mais une force vive qui anime et informe le présent".
I. Stravinski.

Le Flamenco connaît actuellement un nouveau siècle d'or, appellation qui fut donné au XVIème siècle lors de la grande vague de rayonnement de l'esprit espagnol sur le monde. En effet, on n'a jamais aussi bien joué de la guitare, aussi bien chanté, aussi bien dansé qu'aujourd'hui, et dans chacune de ces catégories, ils sont plusieurs artistes à pouvoir revendiquer les 1ers rangs.

Les artistes flamencos résidant en France ont suivi l'évolution vers l'excellence et n'ont plus à rougir en comparaison avec leurs homologues andalous. Ils manifestent sur scène un don de soi, une énergie, une sincérité, une volonté dans l'expression de leur Art qui forcent l'admiration et la reconnaissance.

"Siglo de Oro" met en scène des artistes qui savent ce qu'ils doivent à leur terre d'origine et à leurs ascendants qui y ont vécu.
Artistiquement, ce spectacle se caractérise par la présentation de styles aujourd'hui rarement interprétés sur scène: Farruca, caña, cantiñas..., une preuve de plus de la parfaite connaissance du Flamenco par nos jeunes artistes français.

ELEGÍA
(Sevillana)
à Pepe de Granada
Paroles: Pepe de Nieves
Musique: Jose Luis Navarro

- I - - II -

¡Ay Granada, pena, pena! ¡Ay Alhambra, pena pena!
¡Qué penita y qué dolor! ¡Qué penita y qué dolor!
¡Qué penita y qué dolor! ¡Qué penita y qué dolor!
¡Ay Granada, pena, pena! ¡Ay Alhambra, pena pena,
¡Qué penita y qué dolor! ¡Qué penita y qué dolor!

Se acabó la voz flamenca Si los muertos se sacaran
De PEPE RUIZ DE GRANÁ A fuerza de valentías
De PEPE RUIZ DE GRANÁ A fuerza de valentías
Era un cante tan profundo Yo sacaría a mi PEPE
Y repleto de sabor Aunque perdiera la vida
Que los duendes de los cielos Cantaremos con las penas
Quieren escuchar su voz Como las tenemos todos
Quieren escuchar su voz Como las tenemos todos

Estribillo Estribillo

De ahora en adelante De ahora en adelante
La escuela queda cerrá La escuela queda cerrá
Porqué se llevó la llave Porqué se llevó la llave
De los cantes de Graná De los cantes de Graná

- III - - VI -

¡Ay Genil-il, pena, pena! ¡Ay Lorenzo, pena pena!
¡Qué penita y qué dolor! ¡Qué penita y qué dolor!
¡Qué penita y qué dolor! ¡Qué penita y qué dolor!
¡Ay Genil-il, pena, pena! ¡Ay Lorenzo, pena pena,
¡Qué penita y qué dolor! ¡Qué penita y qué dolor!

Los dos ríos de Granada Si uno viera lágrimas
Van derramando quejios De su hijo bailaor
Van derramando quejios De su hijo bailaor
Entre viento y naranjos Su compás fue tan seguro
Y suspiros de olivos Y tan lleno de rigor
Azahár hacia sus mares Que nunca se equivocaba
Su Farruca siempre vive Quien bailara por su voz
Su Farruca siempre vive Quien bailara por su voz

Estribillo Estribillo

De ahora en adelante De ahora en adelante
La escuela queda cerrá La escuela queda cerrá
Porqué se llevó la llave Porqué se llevó la llave
De los cantes de Graná De los cantes de Graná

Articles

FLAMENCO MAGAZINE nº4 - Janvier/Février 2006

Hivernales FLAMENCAS de Béziers

"Pepe de Nieves" alias José Guillen, œuvre sur Béziers et la région avec l'association Amapola et il lui tient à cœur de promouvoir les artistes flamencos du sud de la France, qu'ils soient espagnols ou français (enfants et petits enfants d'immigrés).
Le nouveau spectacle dont il a assuré la direction artistique, "Siglo de Oro" donne entièrement raison à sa formule: "Les artistes flamencos résidant en France suivent une évolution qui, petit à petit les porte vers l'excellence". Si l'on n'a pas encore de grandes "figures", ces artistes nous montrent de très belles qualités de connaissance et de sincérité. Qui plus est, le choix des palos ne pouvait qu'attirer l'attention de l'aficionado.
Le spectacle débute par un hommage à Pepe de Granada: une Sevillana Elegía dansée par son fils Lorenzo Ruiz. Ce moment émouvant est suivi par une belle Caña, dansée, elle, par Laetitia Perez. La Granaína y Media Granaína chantées ensuite par Mariano Zamora, nous permet d'apprécier encore une fois les qualités de profondeur et d'envergure de ce chanteur d'Almería, une de nos valeurs sûres en France. Un duo de guitares por Bulerías fait alors plaisir à entendre par le fait que les musiciens: José Luis Navarro et David Tobena s'entendent comme deux larrons; ils sont également à la base de tous les accompagnements, justes et variés. La Farruca, style qui revient en force est dansé par Lorenzo: efficace. Une petite surprise arrive alors avec la Malagueña chantée par le très jeune Blas Deleria, pour lequel on ne peut que souhaiter un brillant avenir. Le Mirabrás Romera qui suit est dansé avec charme par Maricarmen Fernández, laquelle se joint à Laura et Lorenzo à Laetitia pour la Liviana Serrana qui permet de découvrir des danseuses et danseur. Ces quatre pratiquent d'ailleurs les palmas avec fougue et bonne humeur.
Le moment fort de ce spectacle nous est donné par Laura Clemente. Voilà une artiste en progression constante, qui refuse les facilités et qui est certainement une de nos meilleures danseuses françaises. Sa Petenera y Soleá a été un moment grave, séduisant et juste. Sa silhouette lui permet un port de pantalon élégant, son braceo ne l'est pas moins et son zapateado final a surpris et soulevé le public du Théâtre des Franciscains.
Les Tangos (de Málaga, du Piyayo, de Cádiz et de Triana) sont dansés par les quatre à tour de rôle et ce spectacle plaisant se termine par l'habituelle et généreuse fiesta por Bulerías.
Je voudrais faire remarquer, par ces temps troublés, que tous les artistes travaillent à "l'intégration" par le public français de l'Art Flamenco, voilà donc un apport positif et pour lequel nos encouragements et remerciements devraient être aussi vibrant que l'ovation faite à Lorenzo Ruiz par son "fan-club" d'étudiants auxquels il fait connaître les bases du flamenco. Les structures théâtrales de notre hexagone pourraient peut-être aussi accompagner plus souvent leurs carrières...

* * * * * *

MIDI LIBRE BÉZIERS - Lundi 14 août 2006

Flamenco
Le cloître sous la magie d'un art renouvelé

Quand il parle flamenco, José Guillen y met du cœur. Depuis sa première Feria en 1989 et la création de deux académies de danse, sa passion n'a pas pris une ride et il ne cesse de vouloir la communiquer. La programmation de la Feria cette année le remplit de fierté: "La sélection est variée: Flamenco traditionnel de Grenade, plus décalé de Madrid et une soirée vouée simplement à la guitare. Je suis particulièrement fier de faire de la place aux artistes français, régionaux." Pour cet ancien professeur d'Espagnol, le flamenco n'est pas qu'un art sur scène, c'est un mode de vie.
Son danseur et ami Lorenzo Ruiz, de la compagnie Amapola le confirme: "Je danse depuis l'âge de 4 ans. Mon père Pepe de Granada était un grand chanteur flamenco." Un mode de vie donc, pas un folklore, et un art accessible à tous. "Le flamenco est une forme d'expression. Un langage universel" estime Lorenzo. Influencé par sa double culture franco-espagnole, il considère que cet art se charge de l'histoire Andalouse, mais aussi de l'expérience du danseur. José Guillen précise: "Le flamenco est né du rythme des forges. Il exprime une plainte, une résignation et une consolation." La plainte se transcende pour apporter au spectacle cette touche de mystère qui culmine parfois dans le "duende". Ce sentiment, proche de la transe, que l'on peut ressentir devant le flamenco particulièrement intense. Si tout le monde ne va pas jusque-là, Lorenzo promet de l'émotion: "Au cloître, nous voulons ravir les aficionados, comme les moins connaisseurs."
Quand il ne danse pas pour José, Lorenzo donne des cours de danse dans son académie. Il y convertit littéralement la passion en pédagogie: "Quand des élèves qui sont là depuis cinq ans arrivent à créer une danse d'une minute trente, c'est dire les efforts que la discipline requiert."
On imagine donc le travail que représente "Siglo de Oro" (présenté ce soir à 23h au Cloître Saint-Nazaire), un spectacle d'une heure trois quarts.
Cette création de José Guillen renvoie au XVIème siècle, époque où l'Espagne rayonnait sur le monde.
"Nous sommes actuellement dans un véritable âge d'or du flamenco, il rayonne comme jamais", juge-t-il. Son spectacle inclut des styles de danse peu utilisés aujourd'hui: farruca, caña, cantinas. Avec un brin d'émotion Lorenzo ajoute: "Nous avons choisi ces thèmes en pensant à mon père qui connaissait bien ces styles. Ce spectacle, qui commence par une élégie, lui rend hommage."
Le flamenco en art de vie, passionnément.